Le projet - D'où vient la photographie ? - Manifeste de Transitscape

 

À l’origine était une photo. Celle d’une femme de guingois derrière une vitre, les mains levées, posées à plat, le regard tourné vers l’extérieur qui invite à penser ce qui se trouve autour, ce qui se trouve devant, derrière, à côté, avant et après. Avec elle tout a commencé. L’idée : penser le hors-champ de cette photographie, imaginer, les yeux fermés, ce que cette femme a pu vivre, voir ou faire. Trente-huit artistes, écrivains, photographes, dessinateurs, graphistes, venus du papier et du numérique, ont eu carte blanche pour raconter ce qu’elle leur inspirait et écrire son histoire. Seule consigne : s’en échapper pour mieux créer.

©Wayne Wu / Chambre(s) d’Hôtel – Collectif t.r.a.n.s.i.t.s.c.a.p.e

La tâche nous revenait en tant qu’apprentis éditeurs du master 2 édition de la Sorbonne d’encadrer ces sorties du cadre, ces inventions du hors-champ. Sur le papier, nous l’avons rendu visible par ce centre blanc, omniprésent, qui renvoie les textes vers les marges. Choix délibéré pour repenser la mise en page des textes, il insiste sur l’absence de la photographie, sur la nécessité de s’en détacher.

 

maquette


Pour aller plus loin, s’éloigner des marges du papier, c’est par le numérique que le hors-champ du projet s’est affirmé. Le site que nous avons conçu n’est pas seulement une plateforme de lecture, il est un lieu où de nouvelles formes de création sont à voir, à animer et à écouter. Il permet de s’échapper du texte pour inventer des liens entre vous, lecteurs, et les auteurs de ce projet.

Va-et-vient entre les caractères et le clavier, entre les pages et l’écran, projet qui se veut en adéquation avec les possibilités du papier et celles du numérique, Échap est à la fois cette touche d’ordinateur qui permet de sortir d’une fenêtre, ce livre papier que vous tenez entre vos mains, un site internet et l’histoire d’une femme racontée quarante-et-une fois, de façon différente, malmenée, déchirée, filmée, transformée.
C’est maintenant à vous d’aller voir plus loin.

 

 

Origine de la photographie

 

Cette photo a été prise lors d’une performance en milieu urbain orchestrée par un collectif interdisciplinaire Belge en 2008, t.r.a.n.s.i.t.s.c.a.p.e, dirigé par un architecte (Pierre Larauza) et une chorégraphe (Emmanuelle Vincent). Cette performance, intitulée Chambre(s) d'Hôtel mettait en scène des personnages/danseurs enfermés dans une chambre aux murs transparents.

Le sujet de cette performance, très souvent abordé par le collectif, entre tout à fait dans la logique de notre thème puisqu’il aborde le rapport entre intérieur et extérieur, ce qui fait partie de ce qui est dedans et ce qui est dehors.

 

 

Manifeste du collectif t.r.a.n.s.i.t.s.c.a.p.e

 

t.r.a.n.s.i.t.s.c.a.p.e est né en 2003 de la rencontre entre l’architecte metteur-en-scène Pierre Larauza et la danseuse chorégraphe Emmanuelle Vincent, désirant confronter et croiser leur discipline avec les arts visuels et les arts sonores.
Basé depuis 2004 à Bruxelles, le collectif rassemble des collaborateurs internationaux de différentes disciplines : vidéaste, informaticien, graphiste, ingénieur du son, compositeur, musicien, écrivain, acteur et danseur.
  « Nos projets s’inscrivent dans une recherche interdisciplinaire où nous nous intéressons à la contamination réciproque entre les différents médias et à l’effacement des frontières entre disciplines. Nous tentons de faire naître une relation ambiguë, non hiérarchisée et percutante, entre corps, espaces, dramaturgie et technologies.
Dans nos créations le thème du déplacement physique et mental est récurrent et la place à l’interculturalité est reine. Les lieux de transit (aéroport, chambre d’hôtel mais aussi game center, call shop...) sont la base de notre réflexion sur la solitude et la suspension entre l’ici et l’ailleurs.
Privilégiant une déconstruction ludique et un rapport à la chair, nous nous emparons des nouvelles technologies pour critiquer un monde qui semble soumis à son absurde contrôle. Ni technofans, ni technophobes, nous n’envisageons la relation entre la scène et les technologies non pas comme une simple confrontation mais comme un moyen d’observation mutuelle, de façon souterraine et non spectaculaire. Le glissement d’un médium à un autre constitue l’essentiel du discours que modulent nos spectacles, donnant naissance à des projets hybrides et protéiformes.
Nous interrogeons la place du spectateur, son implication entre témoin et voyeur. Face à une narration non linéaire et un dispositif complexe (scénique ou urbain) le spectateur doit recomposer, analyser et résoudre. Déjouer le système de représentation traditionnelle, telle est notre envie : bousculer les codes.
Notre narration est constituée de collages et de déformations avec un goût pour le morcellement, la discontinuité et la fragmentation, offrant aux spectateurs une nouvelle forme de fable contemporaine. »


Pierre Larauza & Emmanuelle Vincent


http://www.transitscape.net/